LE PROJET
En 2018 la Ville d’Angoulême entreprend de requalifier le site des 3 Chênes et de l’ancienne poudrerie.

Après avoir été dédié, pendant presque deux siècles, à la fabrication de poudres et d’explosifs puis avoir fait l’objet, durant 13 ans, de travaux de dépollution, le site de la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE) se prépare à un nouvel avenir.
Pour anticiper la réintégration de ce morceau de ville de près de 180 ha (10% de la ville d’Angoulême) dans le territoire, la Ville entame une réflexion globale pour imaginer les conditions de la reconquête de l’ancienne Poudrerie et du quartier voisin des Trois Chênes.
Pour mener cette réflexion la Ville sélectionne un groupement de bureaux d’études (Citadia Conseil, Even Conseil, Merc/At, SCET, Iris Conseil, Aire Publique et Aetc) qui, après avoir analysé le site et ses contraintes, concerteront l’ensemble des acteurs et habitants du territoire pour définir les contours d’un projet partagé.
Pour en savoir plus sur le déroulement de l’étude référez-vous à la rubrique Calendrier de l’étude
PRÉSENTATION DU SITE
En 2017 la Ville d’Angoulême entreprend de requalifier le site des 3 Chênes et de l’ancienne poudrerie. Pour cela, elle sélectionne en septembre un groupement de bureaux d’étude pour la réalisation d’une étude urbaine et environnementale qui lui permettra d’avoir une vision plus précise de l’avenir du site.
Situé au nord-ouest de la Ville, au creux d’un méandre de la Charente, le site s’étend sur 275 hectares soit environ 12% du territoire communal.

Le secteur d’étude inclut le site de la SNPE (Société Nationale des Poudres et des Explosifs) et la plaine des 3 Chênes, comprenant des terrains et installations sportives, un cimetière et une importante surface boisée.

HISTOIRE DU SITE
La poudrerie d’Angoulême a fonctionné pendant 185 ans, entre 1819 et 2004, comme centre de fabrication de poudres et explosifs. Depuis sa fermeture, une campagne de dépollution très importante est à l’œuvre pour que le site puisse avoir un nouvel usage. À son ouverture, il sera donc difficile de se représenter l’intensité de l’activité qu’aura connue ce site au fil des ans : des dizaines de milliers d’employés, des millions de tonnes d’explosifs et des centaines de bâtiments. Cette histoire suit aussi celle de l’histoire sociale d’Angoulême, de la situation militaire de la France et des avancées techniques. En voici quelques étapes :
De 1819 à 1914 : construction et avènement de l’époque industrielle
La construction de la Poudrerie d’Angoulême est décidée en 1818 sur cet emplacement, choisi pour sa position « hors des espaces urbanisés », en bordure de la Garonne et proche de Rochefort, où sont fabriqués des bateaux de l’armée. La fabrique est opérationnelle en 1826.
La poudrerie occupe alors 42 hectares, et l’on retrouve encore aujourd’hui des grands ensembles architecturaux et paysagers de cette époque, comme la cour d’honneur et le Grand Canal avec ses nombreux ponts. Son activité est principalement dédiée à la fabrication de poudre noire, employant environ 200 personnes.
En 1886, le début de la fabrication de nitrocellullose ou coton-poudre entraîne l’agrandissement de la poudrerie et la construction de nouveaux bâtiments.

Plan de la poudrerie en 1884
Le site de production de poudre fonctionne depuis 1826. Pour des raisons de sécurité, les installations sont éloignées les unes des autres. Le long de la Charente, un grand canal permet d’utiliser la force hydraulique.
1914 – 1945 : les conflits mondiaux
Pendant la première guerre mondiale, l’activité de la poudrerie se développe, atteignant bientôt 200 hectares et employant plus de 14.000 personnes en 1917.

La poudrerie joue alors un rôle économique et social considérable pour Angoulême et sa région. On accède au site par des passerelles, un bac ou un tram électrique.

Carte postale, collection particulière
L’activité diminue fortement à la fin de la première guerre (1.600 employés en 1939) avant de remonter considérablement pour atteindre à nouveau plus de 10.000 employés en 1940. Cela est cependant de courte durée, car la Poudrerie est occupée par les Allemands, entraînant une baisse importante de l’activité. Elle est bombardée par la RAF en 1944.

Menuisiers de la Poudrerie, vers 1941
Au cours de ces années, la production se diversifie : en plus de la poudre noire et du coton poudre sont produits nombres d’acides (nitriques et sulfuriques) et autres produits chimiques utilisés dans l’armement. Vient ensuite la production de charbon actif et de nitroglycérine.

Pendant les deux guerres, l’armée française a recruté plusieurs milliers de travailleurs en Indochine. Ils participent également à la reconstruction après la seconde guerre mondiale.
De 1945 à 2004 : nouveau départ puis déclin
Après la guerre, la poudrerie reprend son activité, à un rythme moindre, mais avec une production diversifiée. Les nouvelles productions principales sont les propergols « Epictète » et la poudre « Zenon ». Les propergols ont notamment été utilisés pour les lanceurs des premiers satellites français à partir de 1965.
Les effectifs varient souvent : 265 en 1974, 470 en 1976, près de 900 au début des années 80. Les productions évoluent aussi avec différents ateliers et usines spécialisés.
Cette période est aussi marquée par de nombreuses menaces de fermetures, liées au contexte national et international. A partir de 1995, les baisses d’effectifs sont engagées et l’annonce de la fermeture se fait en 2002.

Parmi les éléments bâtis patrimoniaux restant aujourd’hui, la cour centrale et le bâtiment de la direction. Honoré de Balzac, ami de la femme du directeur de l’époque, y séjourna plusieurs fois.
De 2004 à 2020 : dépollution et préparation d’un nouvel avenir
A l’arrêt de la production, le site de la poudrerie constitue une friche industrielle de 200 hectares, avec des résidus dangereux liés à la production passée. Il est alors décidé de procéder à une dépollution complète du site. Cette dépollution, indispensable à un nouvel usage, efface alors l’essentiel des traces matérielles de l’histoire industrielle du site.
Ces travaux de grande ampleur, avec des manipulations potentiellement dangereuses, sont inédits. La SNPE met au point différentes méthodes innovantes, adaptées à chaque secteur et le type d’activité qui s’y est déroulée : pyrodépollution, dépollution sur filtre à charbon, …
En 1997, la moitié du site était dépollué. L’objectif de terminer la dépollution en 2020 sera atteint.

Un nouveau paysage voit le jour suite à la dépollution.
CALENDRIER DE L’ÉTUDE

L’ambition d’inventer un modèle urbain durable
Les acteurs du projet se fixent comme objectif de faire émerger un projet ambitieux sur le plan environnemental. Il devra préserver les ressources naturelles en développant des constructions et des pratiques durables, en valorisant le patrimoine naturel local, en allant à la reconquête de la biodiversité et en intégrant le risque inondation lié à la Charente. Pour atteindre cet objectif, une étude environnementale sera menée en parallèle de l’étude urbaine. Elle permettra de mettre en valeur les enjeux environnementaux et paysagers du site afin de mieux les intégrer dans le futur projet qui devra être exemplaire sur le plan environnemental.
Un projet participatif
Tout au long de la démarche, des temps de concertation seront organisés afin que les habitants du grand Angoulême ainsi que les acteurs associatifs et économiques puissent donner leur avis sur l’étude. Pour savoir comment participer et donner votre avis, référez-vous à la rubrique concertation



